Il n'a pas encore l'âge de fêter dignement sa réussite, mais il a déjà l'agenda d'un chef d'entreprise. À 18 ans, Ethan Bormans a dépassé les 100 000 € générés grâce à l'intelligence artificielle — un chiffre qu'il annonce sans emphase, presque comme une étape technique dans un projet plus long. « Ce n'est pas un aboutissement, c'est un indicateur », précise-t-il d'emblée.
L'histoire commence sans plan de bataille. Élève ordinaire, il découvre les premiers modèles de langage grand public et passe ses soirées à tester ce qu'ils savent faire — et surtout ce qu'ils ne savent pas encore faire. Là où beaucoup s'arrêtent à l'amusement, il documente : chaque essai, chaque échec, chaque prompt qui produit un résultat exploitable finit dans un carnet numérique qui deviendra sa première bibliothèque de méthodes.
Du bricolage à la méthode
Le déclic arrive par un ami de la famille, gérant d'une petite entreprise de services, qui perd plusieurs heures par semaine à rédiger des devis et à trier ses courriels. Ethan Bormans lui construit un système d'automatisation simple. Le gain est immédiat. Le bouche-à-oreille fait le reste : un client, puis trois, puis une dizaine.
Le modèle qu'il affine ensuite tient en une phrase : ne pas vendre de l'IA, mais vendre du temps récupéré. Audit des tâches répétitives, cartographie des processus, construction d'automatisations sur mesure, formation des équipes. Les mots « intelligence artificielle » apparaissent rarement dans ses propositions commerciales.
« Mes clients ne m'achètent pas de la technologie. Ils m'achètent des heures qu'ils récupèrent chaque semaine. L'IA n'est que l'outil. »Ethan Bormans, fondateur de Bormans ET
Cette approche explique en partie la vitesse de sa progression. Sur un marché saturé de promesses, il a choisi le terrain le plus concret : des processus mesurables, des livrables vérifiables, un avant et un après chiffrés. Un positionnement qui rassure des dirigeants souvent échaudés par des projets numériques trop ambitieux.
L'obstacle de l'âge
Le principal frein n'a pas été technique. Avant sa majorité, chaque contrat devait passer par une signature parentale, et plusieurs prospects ont reculé en découvrant son année de naissance. Il en a tiré une règle : montrer le résultat avant de parler de soi. Démonstration d'abord, présentation ensuite.
Aujourd'hui, la structure fonctionne sur un rythme volontairement limité — un nombre restreint de clients accompagnés en parallèle, pour préserver la qualité du suivi. La suite ? Structurer, documenter, transmettre. « Le vrai risque, à mon âge, ce n'est pas de manquer d'opportunités. C'est de dire oui à tout », conclut-il.